[article] Savoir reconnaître une situation de stress post-traumatique en consultation douleur chez l’enfant : comment réagir ? [revue] / Aurélie Benhamou, Auteur ; Jérôme Payen, Auteur ; Alice Boumediene, Auteur . - 2026 . - 149-162. Langues : Français in Douleurs évaluation diagnostic Traitement > vol.27 n°3 (mai 2026) . - 149-162 | Résumé : | La santé mentale de nos enfants et de nos adolescents est au cœur de nos préoccupations. Le suicide reste la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et les jeunes adultes. D’après les études, deux tiers des adolescents ont connu au moins un événement traumatique dans leur vie. Son origine est variable : une agression, un décès de proche, une situation de harcèlement ou de maltraitance, un inceste, une négligence, un attentat etc. Parmi ces patients, certains développent un trouble du stress post-traumatique (TSPT), qui a une symptomatologie clinique propre, variable selon son âge. En grande majorité, des risques sont associés au psychotraumatisme : dépression, troubles anxieux, consommation de substances psychoactives, auto-agressivité, suicide. La consultation douleur pédiatrique est un lieu tremplin pour repérer ces situations post-traumatiques. Les signes évocateurs du TSPT sont souvent aspécifiques et identiques aux motifs de consultation en structure douleur chronique pédiatrique (céphalée, douleur abdominale, douleur musculosquelettique, troubles fonctionnels etc.). L’entretien et l’examen clinique pédiatrique guident le soignant à repérer, évaluer et prendre en charge les situations post-traumatiques chez le patient. Les critères d’alerte doivent mettre en garde le soignant : déscolarisation ou difficulté scolaire, trouble alimentaire ou du sommeil, isolement social, repli sur soi, surconsommation médicale etc. Certaines de ces situations cliniques peuvent entraîner des actions de repérage et de traitement des situations de danger ou de risque de danger pour l’enfant. En plus des propositions thérapeutiques habituelles (psychothérapie individuelle et familiale, médicamenteuse), certaines méthodes validées peuvent être proposées (hypnose, Eye Movement Desensitization and Reprocessing [EMDR]). Cependant, la douleur chronique de l’enfant ne peut se penser, ni se traiter, dans la seule perspective individuelle. Le caractère chronique vient remanier les équilibres familiaux, dans un contexte du développement de l’enfant, du côté de la protection, de la vulnérabilité, mais aussi souvent, du préjudice et de l’impuissance, du vécu des parents, ce qui a pour effet adverse, de ralentir le développement. Il existe une tentation légitime à chercher des liens entre état de stress post-traumatique et douleur chronique, aussi bien sur le plan synchronique que diachronique. Nous décrirons l’intérêt et les pièges à les penser ensemble, afin de proposer des modifications dans le parcours de soins global des enfants ou adolescents douloureux chroniques, qui fassent une place plus grande au travail relationnel collectif, ici, préalable à la réussite des soins. |
[article] in Douleurs évaluation diagnostic Traitement > vol.27 n°3 (mai 2026) . - 149-162 | Titre : | Savoir reconnaître une situation de stress post-traumatique en consultation douleur chez l’enfant : comment réagir ? | | Type de document : | revue | | Auteurs : | Aurélie Benhamou, Auteur ; Jérôme Payen, Auteur ; Alice Boumediene, Auteur | | Année de publication : | 2026 | | Article en page(s) : | 149-162 | | Langues : | Français | | Résumé : | La santé mentale de nos enfants et de nos adolescents est au cœur de nos préoccupations. Le suicide reste la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et les jeunes adultes. D’après les études, deux tiers des adolescents ont connu au moins un événement traumatique dans leur vie. Son origine est variable : une agression, un décès de proche, une situation de harcèlement ou de maltraitance, un inceste, une négligence, un attentat etc. Parmi ces patients, certains développent un trouble du stress post-traumatique (TSPT), qui a une symptomatologie clinique propre, variable selon son âge. En grande majorité, des risques sont associés au psychotraumatisme : dépression, troubles anxieux, consommation de substances psychoactives, auto-agressivité, suicide. La consultation douleur pédiatrique est un lieu tremplin pour repérer ces situations post-traumatiques. Les signes évocateurs du TSPT sont souvent aspécifiques et identiques aux motifs de consultation en structure douleur chronique pédiatrique (céphalée, douleur abdominale, douleur musculosquelettique, troubles fonctionnels etc.). L’entretien et l’examen clinique pédiatrique guident le soignant à repérer, évaluer et prendre en charge les situations post-traumatiques chez le patient. Les critères d’alerte doivent mettre en garde le soignant : déscolarisation ou difficulté scolaire, trouble alimentaire ou du sommeil, isolement social, repli sur soi, surconsommation médicale etc. Certaines de ces situations cliniques peuvent entraîner des actions de repérage et de traitement des situations de danger ou de risque de danger pour l’enfant. En plus des propositions thérapeutiques habituelles (psychothérapie individuelle et familiale, médicamenteuse), certaines méthodes validées peuvent être proposées (hypnose, Eye Movement Desensitization and Reprocessing [EMDR]). Cependant, la douleur chronique de l’enfant ne peut se penser, ni se traiter, dans la seule perspective individuelle. Le caractère chronique vient remanier les équilibres familiaux, dans un contexte du développement de l’enfant, du côté de la protection, de la vulnérabilité, mais aussi souvent, du préjudice et de l’impuissance, du vécu des parents, ce qui a pour effet adverse, de ralentir le développement. Il existe une tentation légitime à chercher des liens entre état de stress post-traumatique et douleur chronique, aussi bien sur le plan synchronique que diachronique. Nous décrirons l’intérêt et les pièges à les penser ensemble, afin de proposer des modifications dans le parcours de soins global des enfants ou adolescents douloureux chroniques, qui fassent une place plus grande au travail relationnel collectif, ici, préalable à la réussite des soins. |
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